L’entretien de naturalisation française repose sur un référentiel précis, structuré en thématiques couvrant l’histoire, les institutions, la géographie et les valeurs républicaines. Depuis un décret du 15 juillet 2025 et un arrêté du 10 octobre 2025, le ministère de l’Intérieur a publié un référentiel officiel de 258 questions pour la mention naturalisation, accessible en open data. Les listes privées de « 200 questions » circulant en ligne ne couvrent donc qu’une partie du programme réellement évalué.
Examen civique et entretien : deux épreuves distinctes depuis 2026
La confusion la plus répandue chez les candidats consiste à préparer l’entretien en préfecture comme un quiz de connaissances générales. La réforme entrée en vigueur au 1er janvier 2026 a modifié cette logique en profondeur.
Un examen civique écrit précède désormais le dépôt de la demande de naturalisation par décret. Il comporte 40 questions à choix multiples, réparties en 28 questions de connaissances factuelles et 12 mises en situation. Le format est numérique, la durée limitée à 45 minutes, et le seuil de réussite fixé à 80 %, soit 32 bonnes réponses sur 40.
L’entretien en préfecture, lui, se recentre sur l’assimilation personnelle : parcours professionnel, motivations, compréhension des valeurs républicaines, capacité à s’exprimer en français. Les questions d’histoire, de géographie ou d’institutions ne relèvent plus de cet entretien mais de l’examen écrit.

Référentiel officiel des questions naturalisation : ce qui a changé
Avant 2025, aucune liste officielle n’existait. Les candidats se préparaient à partir de compilations privées, souvent datées ou incomplètes. Le référentiel publié par le ministère de l’Intérieur change la donne sur plusieurs points.
Les 258 questions couvrent neuf thématiques alignées sur le Livret du citoyen : histoire de France, fonctionnement des institutions, géographie, culture, droits et devoirs, laïcité, égalité femmes-hommes, Union européenne, symboles de la République. Chaque thématique contient un nombre variable de questions, avec une pondération plus forte sur les valeurs et les institutions.
Le point à retenir : les listes privées de 200 questions sont incomplètes par rapport au référentiel officiel. Certaines thématiques (mises en situation sur la laïcité, questions sur l’Union européenne) étaient peu ou pas couvertes dans les anciennes compilations.
Structure des questions à choix multiples
Les 28 questions factuelles portent sur des faits vérifiables : date d’un événement, nom d’une institution, rôle d’un organe constitutionnel. Les 12 mises en situation décrivent un scénario concret et demandent de choisir la réaction conforme aux principes républicains.
Cette distinction est rarement expliquée dans les guides de préparation. Les mises en situation ne testent pas une connaissance mémorisée mais la capacité à appliquer un principe (laïcité, égalité, liberté d’expression) à un cas concret.
Questions pièges fréquentes : les erreurs de raisonnement à éviter
Le terme « question piège » est trompeur. L’examen civique ne cherche pas à piéger mais à vérifier que le candidat distingue les principes fondamentaux des approximations courantes. Trois catégories de questions provoquent régulièrement des erreurs.
- Les questions sur la laïcité : beaucoup de candidats confondent neutralité de l’État et interdiction de toute expression religieuse. La laïcité garantit la liberté de conscience et sépare les institutions publiques des organisations religieuses, sans interdire la pratique religieuse dans l’espace privé.
- Les questions sur le rôle du président de la République par rapport au Premier ministre : le partage des compétences entre chef de l’État et chef du gouvernement reste flou pour de nombreux candidats, en particulier la distinction entre nomination du Premier ministre et vote de confiance de l’Assemblée nationale.
- Les mises en situation sur l’égalité femmes-hommes : certains scénarios testent la compréhension de l’égalité en droit (accès à l’emploi, autorité parentale partagée) plutôt que des opinions personnelles. La bonne réponse est toujours celle qui reflète le cadre légal français.
Dans chaque cas, la réponse attendue est celle qui correspond au droit français, pas à une opinion. Se préparer en mémorisant des réponses sans comprendre le principe sous-jacent expose à l’erreur dès que la formulation change.
Préparer l’entretien en préfecture après l’examen civique
L’entretien oral en préfecture conserve un rôle déterminant malgré la création de l’examen écrit. L’agent évalue la fluidité en français, la cohérence du parcours d’intégration et la sincérité de la démarche.
Ce que l’examinateur vérifie concrètement
Les questions portent sur le parcours personnel : raisons de l’installation en France, situation professionnelle, liens familiaux, participation à la vie locale. L’agent peut aussi demander d’expliquer un principe républicain avec ses propres mots, pour vérifier que la compréhension dépasse la mémorisation.
Le niveau de français attendu reste le B1 oral pour la naturalisation par décret. Répondre de manière structurée et spontanée compte plus que la perfection grammaticale. Un candidat qui reformule une idée avec ses mots fait meilleure impression qu’un candidat qui récite une réponse apprise.
Les questions sur la motivation
La question « pourquoi souhaitez-vous devenir français » revient systématiquement. Les réponses les plus convaincantes articulent un élément personnel (vie familiale, parcours professionnel en France) avec une adhésion explicite aux valeurs républicaines. Les réponses vagues ou exclusivement administratives (« pour avoir un passeport ») sont notées négativement.

Méthode de révision alignée sur le référentiel officiel
Plutôt que de mémoriser une liste de 200 questions, une préparation efficace suit la structure du référentiel officiel et distingue les deux formats d’évaluation.
- Pour l’examen civique écrit : travailler les neuf thématiques du Livret du citoyen en se concentrant sur les faits (dates, noms, fonctions) et sur la logique des mises en situation. S’entraîner au format QCM chronométré permet de gérer les 45 minutes sans stress.
- Pour l’entretien oral : préparer un récit clair de son parcours en France, savoir expliquer sa motivation, et être capable de reformuler un principe républicain sans réciter une définition apprise.
- Pour les deux épreuves : lire le Livret du citoyen dans sa version la plus récente, qui sert de base aux 258 questions du référentiel. Les versions antérieures à 2025 ne couvrent pas les ajouts thématiques intégrés par l’arrêté d’octobre 2025.
Le référentiel officiel étant public, toute préparation qui s’en écarte revient à réviser un programme incomplet. Travailler à partir des 258 questions officielles couvre l’intégralité du périmètre évalué, là où les anciennes listes de 200 questions laissent des angles morts sur la laïcité appliquée et les mises en situation.

