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Qu’est-ce qu’une formation de poterie en céramique ?

La céramique désigne le matériau de l’objet. Un évier peut être en céramique. Du carrelage peut être en céramique. Tout autant qu’un pot qui accueillera des fleurs.

La poterie et la céramique

La poterie par opposition, même si elle fait référence à la matière de l’objet, la terre cuite, fait immédiatement penser à l’objet contenant, que ce soit un grand vase contenant des fleurs, ou servant seul d’ornement dans une pièce, ou un pichet utilitaire.

La différence entre ces deux termes ne se trouve pas forcément décrite de cette façon dans les dictionnaires. Il est pourtant important de la noter ici, afin d’éviter toute confusion.

Car en réalité dans le milieu de l’artisanat, les termes poterie et céramique désignent exactement la même chose.

L’artisan d’art travaille la terre, et peut décider de fabriquer de la vaisselle utilitaire, des assiettes, des bols, des pichets, ou se diriger vers la sculpture, ou réaliser des mosaïques ornementales. (Manière plus poétique de décrire le carrelage en céramique). L’artisan d’art ne changera pas de statut ni de nom, qu’il passe à l’une ou l’autre activité, ou qu’il les combine.

Mais alors quelles sont les différences entre la poterie et la céramique ?

La céramique et la poterie désignent donc en réalité à la fois la matière et la forme, et n’ont pas une définition limitée à un cadre précis.

Cependant, un certain courant de pensée tend à séparer artificiellement les deux termes d’une autre façon. Il existe en effet une volonté de séparer l’utilitaire de l’ornemental, voire du « conceptuel » (entendre par là que le concept de création, la réflexion, supplante l’idée du beau, voire rend l’idée du beau hors propos).

La fabrication d’objets utilitaires devient alors la besogne de l’artisan, tandis que la conception d’œuvres artistiques à vocation ornementale et/ou provocatrice, serait le travail de l’artiste.

Dans le milieu de la terre, on insiste parfois sur cette différence entre l’artisan qui fait de la poterie, parce qu’il fabriquera des pots (référence à la forme et à l’utilitaire), et l’artiste qui fait de la céramique, et fabrique donc, par opposition, tout ce qui n’est pas utilitaire.

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Alors comment justifier les différences en ces deux termes ?

C’est à mon avis une séparation artificielle, qui cherche à justifier le statut de l’artiste, à le séparer de l’artisan pour le placer, souvent à tords, au-dessus. Cela peut être pour justifier d’une relation à l’argent différente.

L’artisan a un métier comme un autre : comme le boulanger, il fabrique et vend à répétition. Il produit dans le but de gagner de l’argent, de gagner sa vie, une idée que l’artiste peut dans certains cas juger indigne de lui.

Jouer avec les mots, se positionner comme artiste travaillant la céramique, plutôt que comme artisan faisant de la poterie, justifie alors le manque de rentabilité, et le besoin d’avoir recours à des aides financières extérieures.

Encore une fois, je parle ici de tendances, il existe bien sûr une infinie variété de nuances à ce propos. Mais puisque les fausses interprétations de ces termes se sont construites sur des exagérations erronées, autant regarder ces exagérations en face.

La seconde justification se trouve dans la technique de travail. En effet il est souvent communément acquis que l’artisan doit apprendre son métier au près d’un autre artisan aguerri, ou au minimum doit se former dans un centre de formation. On ne s’attend pas à trouver un boulanger autodidacte, il en va de même le plus souvent pour l’artisan potier. Tout simplement parce que sa technique requiert un savoir-faire précis, des heures d’entrainement, et le suivi quotidien avec un expert en la matière. De même que l’on s’attend à ce qu’une baguette de pain soit mangeable, on s’attend à ce qu’un pichet ne fuit pas et verse bien. L’utilitaire implique une qualité minimum, exigée par le public, et à laquelle l’artisan doit se conformer.

L’artiste par contre, tel qu’il est perçu actuellement, ne voit aucune exigence de qualité peser sur ses épaules. Du moins depuis que la déconstruction est devenue plus à la mode que la construction dans le milieu de l’art. Et depuis que le concept est devenu plus important que l’œuvre elle-même.

Ainsi, là où l’artiste d’antan devait avant tout apprendre une technique rigoureuse, pour ensuite aller explorer les possibilités de son art, l’artiste actuel peut partir de rien, et délivrer une œuvre qui s’apparente au rien, du moment que le discours qui l’accompagne justifie ses actes. Or la première étape d’un discours est le vocabulaire choisi. On commence donc par bien choisir ses mots, en se libérant des obligations qu’apportent l’artisanat, et la poterie.

L’artiste qui a le souci de la qualité de sa technique, et le souci de la beauté de son œuvre au-delà de la justification verbale, lui, ne devrait pas avoir de problème à intervertir les mots poterie et céramique.

Une formation de céramiste ou de potier

Artiste ou artisan, céramiste ou potier, doivent se former pour acquérir une technique solide. Pour cela, il est utile de trouver un centre de formation qui abordera de façon complémentaire toutes les techniques utilisées par le céramiste potier, le tournage, l’émaillage, et même aussi le plâtre, qui permet de faire prendre à la terre des formes impossibles à obtenir au tournage. C’est le cas par exemple de l’école Créamik, en Bretagne.

Les centres de formation et écoles ont conscience de l’utilisation des deux termes, poterie et céramique. Et des expressions un peu gauches qui peuvent naître du fait de l’ambiguïté qui reste présente dans les esprits, et qui donnent l’impression qu’il faut préciser « formation de poterie en céramique ».

C’est pourquoi les deux termes sont généralement utilisés pour définir une formation, même si cela présente en réalité une certaine redondance.

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