Aujourd’hui, l’autoformation s’est démocratisée. Grâce aux formats courts et engageants, aux MOOC, aux plateformes dédiées et à l’intégration de l’IA, apprendre seul n’a jamais été aussi accessible. Cet apprentissage autonome, qu’il s’agisse de développer des compétences professionnelles, techniques ou créatives, constitue désormais un atout majeur pour acquérir des compétences immédiatement utiles dans la vie quotidienne ou professionnelle.
L’essor du microapprentissage
Le microapprentissage, c’est-à-dire des formations-capsules de quelques minutes délivrant un savoir ciblé, permet de s’initier rapidement à des notions variées. Il peut s’agir de gestion financière, de cuisine innovante, de photographie ou de montage vidéo, le tout de façon progressive, sans surcharger la journée. D’ici la fin 2025, ce marché devrait atteindre 3,11 milliards de dollars d’après Market Report Analytics. De plus, ces formats courts assureraient une meilleure mémorisation des connaissances, avec une amélioration estimée à 20 % selon research.com.
De nombreuses solutions permettent d’apprendre progressivement. Parmi elles :
- les vidéos tutos de quelques minutes sur les plateformes dédiées ;
- les applications mobiles spécialisées, comme Duolingo pour les langues ;
- les podcasts et contenus audio sur des sujets variés ;
- les plateformes professionnelles, comme LinkedIn Learning, qui proposent des modules courts et interactifs, directement applicables au travail ;
- les mails ou notifications push, envoyant chaque jour une astuce ou un mini-exercice pour progresser par étapes.
L’apprentissage en ligne à l’ère du sur-mesure
Les plateformes de formation en ligne ont explosé ces dernières années. Le marché mondial de l’apprentissage en ligne devrait atteindre 365 milliards de dollars d’ici 2026, avec une croissance annuelle d’environ 14 % d’après Didask. Coursera, par exemple, comptait 183 millions d’apprenants inscrits à la fin du premier semestre 2025.
L’intelligence artificielle, en particulier, révolutionne l’apprentissage en ligne. Selon Market.us, l’usage de l’IA par les plateformes de formation en ligne devrait croître de près de 37 % par an entre 2024 et 2033. Les systèmes basés sur l’IA permettent de proposer des parcours personnalisés, de détecter les lacunes de l’apprenant et d’adapter les contenus en temps réel.
L’apprentissage mobile, quant à lui, continue de se développer : il devrait représenter plus de 70 % des offres d’apprentissage en ligne en 2025, rendant l’apprentissage accessible à tout moment, même lors de trajets ou de pauses courtes selon Devlin Peck.

Développer des compétences transférables grâce à une approche ludique
Se former seul ne se limite pas à acquérir des compétences techniques. Adopter une approche ludique constitue un moyen efficace de développer des compétences générales essentielles : prise de décision, gestion du stress, pensée stratégique, créativité et esprit critique. Par exemple, apprendre comment jouer au poker ou aux échecs peut aider à développer la lecture des probabilités, la planification et l’anticipation. Pour ce faire, il existe des sites dédiés et gratuits proposant des outils interactifs, des cours pour tous les niveaux, ainsi que des articles pour en savoir plus sur les stratégies.
L’ère de l’apprentissage autonome est bien là. Les outils sont omniprésents pour qui souhaite se former à son rythme. Ces formats rendent les apprentissages accessibles, flexibles et adaptés aux besoins de chacun, tout en offrant des bénéfices tangibles sur le plan professionnel, qu’il s’agisse d’une reconversion, du renforcement de compétences générales ou du développement de nouvelles aptitudes. À l’heure où le monde professionnel exige créativité, adaptabilité et autonomie, l’autoformation devient une compétence aussi cruciale que n’importe quel diplôme.
Renforcer et valider ses acquis : micro-certification et pratiques réflexives
Au-delà de l’acquisition de savoir-faire, l’autoformation gagne à s’articuler avec des dispositifs de reconnaissance et d’auto-contrôle. Intégrer des badges numériques et micro-certifications permet de transformer des exercices ou des modules courts en preuves tangibles de compétences, utiles lors d’un changement de poste ou pour construire un dossier professionnel. Ces dispositifs s’appuient souvent sur des processus d’évaluation formative — quizz à court terme, tâches projetées, ou exercices corrigés — et sur des retours réguliers qui améliorent la précision des acquis. Les analytics d’apprentissage, en mesurant le temps investi, la progression et les zones de difficulté, fournissent des indicateurs exploitables pour ajuster un parcours et planifier des étapes de validation. Cette approche favorise aussi l’employabilité en rendant les compétences transférables et vérifiables pour un recruteur ou un pair.
Concrètement, monter un écosystème personnel de formation repose sur des méthodes d’andragogie et des stratégies cognitives : pratiquer la métacognition pour mieux connaître ses forces, recourir à la répétition espacée afin de consolider la mémoire à long terme, et réaliser une curation de contenu pour rassembler ressources et exercices pertinents. Tenir un portfolio numérique ou un carnet de progression permet une autoévaluation structurée et facilite le partage d’un parcours lors d’entretiens. Le tutorat pair-à-pair et les communautés d’apprentissage complètent ces démarches en offrant un feedback qualitatif et des opportunités de mise en pratique réelle. Enfin, adopter des rituels simples — bilan hebdomadaire, objectifs modulaires, checkpoints de validation — transforme l’intention d’apprendre en un projet durable et mesurable, où compétences et preuves cohabitent pour rendre l’autoformation aussi crédible que structurée.
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